DYSCALCULIE : DU CERVEAU A L'ENSEIGNEMENT

Publié le par Sylvie

Le magazine SCIENCE a publié en mai 2011 dans son numéro 332 un article de Brian BUTTERWORTH, Sashank VARMA et Diana LAURILLARD intitulé "Dyscalculia : From Brain to Education"

 

C'est un point sur les nouvelles connaissances concernant la dyscalculie et sur les remédiations possibles, incluant les logiciels adaptatifs.

 

On peut le trouver en Anglais sur le site du Professeur BUTTERWORTH en cliquant ici :

http://www.mathematicalbrain.com/pdf/2011BBSVDL.PDF 


Le Professeur BUTTERWORTH présentera son article lors de la 4ème conférence nationale sur la dyscalculie et les difficultés d'apprentissage en mathématiques le jeudi 28 juin 2012 à Londres, au Cumberland Hotel

 

conférence


 

Résumé de l'article en Français (avec toutes mes excuses pour les fautes et les simplifications) :

 

Grâce à la neuroimagerie, les découvertes sur la dyscalculie ont permis de souligner un déficit central dans la compréhension des quantités, et les nouvelles interventions pour renforcer le traitement des quantités, incluant les logiciels adaptatifs, promettent une rééducation performante basée sur des éléments scientifiques.

La prédominance de la dyscalculie est à peu près identique à celle de la dyslexie mais la dyscalculie est le "parent pauvre" de la recherche. Depuis 2000, l'Institut National de la Santé US a dépensé 107,2 millions de $ pour la dyslexie et 2,3 millions de $ pour la dyscalculie.

 

Pourquoi l'incapacité mathématique est-elle importante ?

 

Elle est un coût substantiel pour les nations. L'OCDE estime que l'on pourrait augmenter le PIB de 0,87% si l'on élevait le niveau individuel en maths et sciences d'1/2 écart-type. Par ailleurs la mauvaise capacité à calculer est aussi un coût pour les individus touchés qui gagnent moins, dépensent moins, ont besoin de plus d'aide à l'école, etc. Coût estimé au Royaume-Uni 2,4 milliards de £.

 

Qu'est-ce que la dyscalculie ?

 

C'est un déficit central primaire, une sévère incapacité à apprendre l'arithmétique. Elle peut se trouver chez des personnes à l'intelligence normale ou en co-morbidité avec des troubles de la lecture, THDA ou chez des adultes excellents en géométrie ou en programmation informatique.

Les capacités mathématiques sont génétiquement transmises. Il y a souvent une co-occurrence de la dyslexie et de la dyscalculie mais ce sont deux troubles séparés, avec un système cognitif distinct de ceux qui soutiennent les acquisitions scolaires. La recherche neuro-comportementale a également identifié la représentation des quantités d'objets comme une capacité fondamentale dans le développement de l'arithmétique. Ce déficit à percevoir les quantités est identique au déficit de conscience phonologique pour la dyslexie.

On ne sait pas encore si certaines dyscalculies sont un simple retard de développement ou un déficit définitif.

On a aussi découvert que le déficit est lié à un manque de représentation mentale et neurale des doigts cf syndrôme de Gerstmann avec dyscalculie et agnosie digitale, qui provient d'une anomalie du lobe pariétal. La taille des nombres et leur valeur relative par rapport aux autres nombres n'est pas significative pour les personnes dyscalculiques.

 

Que savons-nous du cerveau et des mathématiques ?

 

Depuis plus de 100 ans on connaît la localisation dans les lobes pariétaux des capacités mathématiques, on sait aussi que les concepts et lois mathématiques peuvent être préservés même quand les faits sont perdus et inversement.

La neuroimagerie a montré un fonctionnement dynamique de l'organisation neurale de l'arithmétique : les nouveaux faits utilisent les lobes frontaux et les sillons intra-pariétaux (SIP) tandis que retrouver des faits en mémoire ou utiliser des faits anciennement appris passe par le gyrus angulaire gauche.

Il est aussi acquis que c'est le SIP qui soutient la représentation de l'importance des nombres symboliques. Les lobes pariétaux et le SIP sont au coeur des activités mathématiques.

Avec l'âge l'organisation de l'activité numérique courante change à l'intérieur du cerveau en s'automatisant. Cela suggère qu'une interaction entre le cerveau et l'expérience améliore le fonctionnement arithmétique avec l'âge. On peut donc penser que l'environnement scolaire, en cas de dyscalculie, ne fournit pas les expériences correctes pour permettre au cerveau de se développer en mathématiques.

Les mathématiques sont plus qu'une simple récupération de faits appris, dans nos sociétés. On doit apprendre ce qu'est la valeur de position, les longues additions, les multiplications, les divisions, etc. Tout cela active le gyrus frontal inférieur pour ce qui est du raisonnement ainsi que la mémoire de travail et le SIP pour la représentation des magnitudes des nombres impliqués.

Toutes les dernières études ont montré l'importance des lobes pariétaux et l'implication du SIP dans tout type de calcul.

 

Que savons-nous du cerveau et de la dyscalculie ?

 

Même en primaire, les capacités arithmétiques impliquent un grand éventail de fonctions cognitives dont le déficit de l'une ou plusieurs d'entre elles peut causer un problème de performance en arithmétique : logique, mémoire de travail, compréhension du langage et compétence spatiale.

L'existence d'un déficit central dans le traitement des quantités a été montré par de récentes études qui prouvent la moindre activation du SIP d'enfants dyscalculiques lors de traitements arithmétiques. Il y a également moins de matière grise dans les parties du cerveau qui devraient être activées et les connections entre les régions pariétales concernées sont moins développées.

Ainsi les dyscalculies sont-elles différentes selon l'endroit où ce réseau dysfonctionne ET les fonctions cognitives défectueuses.

 

Comment cela s'applique-t-il à l'enseignement des mathématiques ?

 

 

 

 

A suivre dès que je trouve un nouveau moment............

Bien qu’on ait du coeur à l’ouvrage
L’Art est long et le Temps est court


Source : Bien qu’on ait du coeur à l’ouvrageL’Art est long et le Temps est court. Baudelaire Charles | Dico - Citations - Dico citations

Cette belle phrase de Baudelaire résume bien la situation : "Bien qu'on ait du coeur à l'ouvrage, l'art est long et le temps est court".


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Clovis Simard 12/07/2012 18:05

Blog(fermaton.over-blog.com),No-22. - THÉORÈME CARDIO. - Le cerveau du coeur ?